Retrouvez-nous sur Facebook !
   

Chapitre 2

Lundi soir

Une voix féminine lui parvint, indistincte, au milieu d’un brouhaha assourdissant et d’une confusion indicible. Ses pensées tentent de s’y raccrocher désespérément.
La voix devient plus forte. Il perçoit une inquiétude…
La voix se fait hurlement et l’extirpe de sa torpeur. Ses mains frottent son visage… Sa bouche est pâteuse :
« Mais que… quoi… où suis-je ? Qui… Outch ! Ma tête !
- Thierry ? C’est moi ! » s’exclame Corinne
Il ouvre les yeux. Tout est flou. Ses paupières se plissent… Il reconnaît progressivement les lieux. Une cigarette complètement consumée fume encore dans un cendrier pratiquement plein. Un verre plein de whisky, le canapé, la table…
« Ah ! Oui ! Je suis chez moi ! » pense-t-il. Des cloches résonnent dans sa tête en un ballet endiablé.
« Je peux faire quelque chose ? Ca va ? demande Corinne
- Une aspirine » murmure-t-il d’une voix d’outre-tombe à peine audible.
Corinne se précipite pour aller chercher le cachet.
Une angoisse est là… Il ne se rappelle plus de rien…
En revenant avec le verre contenant l’aspirine, Corinne s’aperçoit que le volet du lecteur de CD est ouvert. Elle le referme et voit, posée sur la chaîne, une pipe ouvragée en écume de mer. Elle s’étonne :
« Tu fumes la pipe maintenant ?
- Hein ? » s’interroge Thierry d’une voix vaseuse.
Elle lui montre la pipe. Thierry, encore confus, pense qu’une personne a dû l’oublier.
Après avoir bu le médicament en grimaçant, il part se coucher, plein de remords : il n’aura pas préparé le dîner de Corinne, cette fois.
Elle reste abasourdie dans le salon. Elle allume une cigarette, pensive et passablement inquiète. Lorsqu’elle entre dans la chambre, Thierry dort profondément.

Trempé de sueur, le cœur battant à tout rompre, il se réveille en sursaut. Des images se bousculent dans sa tête. Une femme court dans les bois, le visage tordu par l’angoisse. Elle se retourne à plusieurs reprises dans sa course effrénée. Des branches la heurtent violemment. Elle trébuche, retrouve son équilibre et poursuit sa course.
Un bruit assourdissant retentit comme un bruit de tonnerre. Elle s’effondre, face contre terre.
C’est tout ce dont il se rappelle… Se parlant à lui-même : « Quel apéritif… Houla ! Je suis parti, j’étais mignon ! [Sourire] Je devrais peut-être regarder d’autres films à la télévision ! »

Mardi

Le matin, Thierry, encore nauséeux, prend un café noir, allume une cigarette après une bonne douche.
Il part à son travail, fatigué.
Dans son fourgon, il allume la radio
« Un flash… Crachouillis… parvenir… Crachouillis… »
Il tente de régler son poste.
« Une femme aurait été retrouvée, cette nuit, assassinée dans les bois environnant le chalet Mauriac, à Saint-Symphorien. L’arme du crime serait un fusil de chasse. La police n’a pas encore identifiée la victime. Les raisons de ce crime restent obscures à l’heure actuelle. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de la suite des événements. »
Un malaise inexplicable l’étreint… Cette nuit, le cauchemar… la femme… le coup de feu.
Un coup de klaxon tonitruant interrompt ses pensées. Il freine brutalement. Il se rend compte qu’il est arrêté au milieu d’un carrefour et qu’il a dû passer au feu rouge. Gêné, il fait un signe de la main en guise d’excuse, et poursuit sa route.

Sa journée se déroule, banale. Il ne pense plus aux derniers événements insolites qui ont troublés sa quiétude. Ses pensées sont déjà toutes occupées par la répétition de ce soir.
Dîner convivial entre amis. Thierry raconte sa mésaventure.
« J’étais mignon, quand je suis parti de chez vous, hier. Je me suis endormi dans le salon. C’est Corinne qui m’a réveillé. Je t’avais un de ces mal au crâne ! La nuit, j’ai fait un rêve étrange. Une femme qui court dans les bois et qui est abattue. Bizarre…
- Oh ! Aux informations, ils en ont parlé. Une femme a été assassinée au chalet Mauriac, s’exclame Isabelle, en lui coupant la parole. Si ça se trouve, tu ignorais que tu étais médium, tu fais des rêves prémonitoires… »
Christophe, le bassiste, plaisante, alors que Jean-Luc accorde sa guitare, indifférent. Geoffroy se met à parler de son nouveau morceau de musique. Il s’inquiète car il n’arrive plus à le jouer.
« Au fait, demande-t-il à Thierry d’une voix fébrile, tu l’as écouté ?
- Euh !… Oui… Euh… Je ne sais plus.
- Mais, tu as l’enregistrement ? Le CD ?
- Oui, où je l’ai mis ? Sur la table du salon ?… Non. A proximité de la chaîne Hi-fi ?… Non… »
Impossible de le retrouver, ce soir-là.

Accéder au chapitre 3

 

Table des matières
Retour au chapitre 1

Annexes

Avant la répétition...


Chalet Mauriac


Chalet Mauriac (esquisse)

Projet autour du chalet Mauriac

 
     
     

Copyright 2010/2014
Référencement